lucie

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Sujet : Les couples infidèles
Ajouté le : 03/07/2007 18:52
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Les couples infodèles
Si, pour la plupart d'entre nous, la fidélité semble être essentielle à la survie conjugale, certains couples ont choisi de vivre leur union autrement. Nous rencontrons deux de ces couples pour qui l'exclusivité sexuelle n'est pas l'unique façon de vivre en relation de couple.
Plusieurs femmes reconnaissent qu'elles quitteraient leur conjoint sur-le-champ si elles apprenaient que celui-ci a eu des rapports sexuels avec une autre femme. Pour certaines, être trompées représente l'ultime affront, la preuve irréfutable de l'échec de leur couple. Il faut reconnaître que la valeur de fidélité est très ancrée dans notre culture et que, pour la grande majorité d'entre nous, la question ne se pose même pas. Pourtant, l'adultère est une pratique relativement courante. Une récente étude menée par Écho-La Presse-Gesca révèle que près d'un homme sur quatre (22%) et une femme sur 10 avouent avoir déjà trompé leur conjoint. Ce qui signifie que près d'un couple sur trois a été confronté à une situation d'infidélité. Cette pratique ne serait donc pas si exceptionnelle qu'on pourrait le croire!
Plutôt que de nous attarder aux multiples raisons qui pourraient expliquer l'infidélité passagère, nous avons choisi de rencontrer des couples pour qui la fidélité n'est pas une valeur première, et qui vivent la non-exclusivité sexuelle par choix. Qui sont-ils, comment en sont-ils arrivés là et comment vivent-ils leurs relations amoureuses?
Quand la vie pousse à transgresser les tabous
Marie-Pier est décoratrice d'intérieur, mariée depuis plus de vingt ans et mère de deux jeunes adultes de dix-neuf et vingt et un ans. À la suite d'un accident vasculaire cérébral, son conjoint s'est retrouvé incapable d'avoir une érection.
«Cette situation a duré un peu plus de deux ans, explique Marie-Pier. Ce qui était le plus difficile, c'était que mon chum éprouvait toujours du désir, même si son désir ne se manifestait pas par une érection. Nous avons tenté d'orienter notre vie sexuelle vers d'autres pratiques, comme nous l'avait conseillé une sexologue, mais j'avoue que c'est lorsqu'on est privé de quelque chose que cette chose nous manque le plus.
Se tromper ou non ?
Si, pour la plupart d'entre nous, la fidélité semble être essentielle à la survie conjugale, certains couples ont choisi de vivre leur union autrement. Nous rencontrons deux de ces couples pour qui l'exclusivité sexuelle n'est pas l'unique façon de vivre en relation de couple.
Plusieurs femmes reconnaissent qu'elles quitteraient leur conjoint sur-le-champ si elles apprenaient que celui-ci a eu des rapports sexuels avec une autre femme. Pour certaines, être trompées représente l'ultime affront, la preuve irréfutable de l'échec de leur couple. Il faut reconnaître que la valeur de fidélité est très ancrée dans notre culture et que, pour la grande majorité d'entre nous, la question ne se pose même pas. Pourtant, l'adultère est une pratique relativement courante. Une récente étude menée par Écho-La Presse-Gesca révèle que près d'un homme sur quatre (22%) et une femme sur 10 avouent avoir déjà trompé leur conjoint. Ce qui signifie que près d'un couple sur trois a été confronté à une situation d'infidélité. Cette pratique ne serait donc pas si exceptionnelle qu'on pourrait le croire!
Plutôt que de nous attarder aux multiples raisons qui pourraient expliquer l'infidélité passagère, nous avons choisi de rencontrer des couples pour qui la fidélité n'est pas une valeur première, et qui vivent la non-exclusivité sexuelle par choix. Qui sont-ils, comment en sont-ils arrivés là et comment vivent-ils leurs relations amoureuses?
Quand la vie pousse à transgresser les tabous
Marie-Pier est décoratrice d'intérieur, mariée depuis plus de vingt ans et mère de deux jeunes adultes de dix-neuf et vingt et un ans. À la suite d'un accident vasculaire cérébral, son conjoint s'est retrouvé incapable d'avoir une érection.
«Cette situation a duré un peu plus de deux ans, explique Marie-Pier. Ce qui était le plus difficile, c'était que mon chum éprouvait toujours du désir, même si son désir ne se manifestait pas par une érection. Nous avons tenté d'orienter notre vie sexuelle vers d'autres pratiques, comme nous l'avait conseillé une sexologue, mais j'avoue que c'est lorsqu'on est privé de quelque chose que cette chose nous manque le plus.
Un soir où le meilleur ami de mon chum était présent, après un souper un peu trop arrosé, nous en sommes venus à parler de notre «problème». Mon chum a fini par avouer qu'il trouvait injuste de me priver d'une vie sexuelle normale et qu'il souhaitait que je puisse avoir une relation complète de temps à autre, quitte à ce que ce ne soit pas avec lui.
J'aurais de la difficulté à expliquer les événements qui ont succédé à cette discussion, mais, malgré ma gêne et ma surprise, nous avons convenu que j'aurais, ce soir là, une relation avec l'ami de mon chum pendant que lui, mon conjoint, nous regarderait faire l'amour. Si on m'avait dit qu'un jour je ferais une chose pareille, j'aurais ri de l'absurdité d'une telle idée et pourtant, je me suis retrouvée au lit avec l'ami de mon chum (qui, en passant, est très sexy) pendant que mon chum s'installait nu dans un fauteuil pour nous observer. Après quelque temps, mon chum n'en pouvant plus est venu nous rejoindre et j'ai alors connu des sensations et des émotions que je n'oublierai jamais.»
«Durant les mois qui ont suivi, nous avons répété régulièrement nos rencontres à trois. Quand l'ami de mon chum arrivait à la maison, j'étais tellement excitée que j'en tremblais. Nous vivions une relation à trois très centrée sur mon plaisir et je ne souhaitais vraiment pas que cela cesse. Puis, la santé de mon conjoint s'est considérablement améliorée jusqu'à ce qu'il redevienne pleinement fonctionnel et actif. Mais nous avions pris goût, en tant que couple, à ce type de vie sexuelle. Désirant pousser plus loin l'expérience, j'ai d'abord invité une copine à faire l'amour avec mon chum et moi, question de lui rendre la politesse.
Puis, nous avons rencontré des couples sur le Net pendant plusieurs mois, pour finalement joindre un groupe échangiste et mélangiste, que nous fréquentons presque chaque semaine. Certains couples prennent des cours de danse, d'autres jouent au bridge: nous, nous pratiquons le sexe à plusieurs. Je sais bien que ce n'est pas pour tout le monde mais pour nous, c'est le meilleur choix. Mon plus grand regret c'est de ne pas pouvoir partager ouvertement notre mode de vie avec les gens qui nous entourent. Je sais que nous serions jugés. Même nos enfants ignorent tout de nos activités sexuelles extraconjugales. Et l'amour là-dedans? Je crois sincèrement être plus amoureuse de mon chum aujourd'hui qu'il y a dix ans. Nos loisirs sexuels n'ont fait que renforcer notre couple. J'aime mon chum, c'est un bel homme et j'aime pouvoir le partager. Pour nous, l'exclusivité sexuelle, c'est une pratique qui appartient à une autre époque, celle où la fidélité était le seul moyen de contrôler la société.»
Quand la crise anticipée s'avère sans conséquence
Maryse est courtier hypothécaire, c'est pour elle une seconde carrière après presque douze ans de travail assidu à titre d'enseignante au secondaire. Au retour d'un congrès et d'une série d'ateliers de formation à Toronto, elle est bien décidée à avouer à son mari qu'elle a eu une aventure, durant son séjour, avec un collègue du Nouveau-Brunswick. Elle se dit qu'elle doit vivre avec les conséquences de ses actes et qu'elle ne saurait cacher une telle chose à l'homme qu'elle aime. Pour elle, son aventure est un accident de parcours sans lendemain et elle espère que son mari voudra bien lui pardonner cet écart. En son âme et conscience, leur amour devrait être plus grand que la rancune ou la jalousie. De toute façon, ce qui est fait est fait et elle est prête à en assumer les conséquences quelles qu'elles soient.
Malgré tout, elle a peur. Elle craint d'anéantir, par ces quelques mots, une grande partie de sa vie. «Mon mari m'a jeté un regard par-dessus ses lunettes, tout en prenant une gorgée de son café du matin. Il ne semblait ni surpris, ni fâché. Puis il m'a confié: "Moi aussi ça m'est déjà arrivé. Je comprends parfaitement cela. C'était probable. En tant qu'adulte, nous sommes tous confrontés à la possibilité de désirer une autre personne que notre conjoint et ce n'est pas une catastrophe. Je pense même que c'est une preuve de santé sexuelle. Je n'ai aucune objection à ce que nous ayons, de temps à autre, des aventures chacun de notre côté, pourvu que ça reste des aventures passagères."»
«J'avoue que j'ai été aussi surprise que soulagée. J'étais même choquée d'apprendre que mon mari m'avait été infidèle. J'étais encore plus choquée de constater que je ne m'étais rendu compte de rien. Durant la journée, j'ai bien réfléchi à ce que mon mari me proposait: que l'on ait chacun son jardin secret tout en se donnant mutuellement le droit d'assouvir nos désirs sexuels extraconjugaux. Finalement, je me suis dit: pourquoi pas? Maintenant que ma culpabilité m'avait quittée, je revivais mon aventure à Toronto avec beaucoup plus de ravissement et je savais en mon âme et conscience que ce type d'expérience risquait de m'arriver encore.»
«Depuis ce matin-là, notre couple a pris une direction différente. Nous nous sommes donné le droit d'avoir des petites escapades sexuelles chacun de notre côté, mais nous avons aussi choisi de ne pas nous raconter nos expériences. Ce que nous vivons à l'extérieur de notre couple doit rester à l'extérieur de notre couple. Ça évite les questions embarrassantes et le risque de se sentir comparé. Pour ma part, je n'ai pas encore eu d'autres aventures et je ne crois pas que mon mari en ait eues lui non plus. Mais, nous avons désormais la possibilité de vivre avec consentement ce que plusieurs vivront toujours en cachette, et ce, sans risquer de mettre notre couple en péril. C'est le meilleur des deux mondes».
Dans le même ordre d'idée, Françoise Simpere, auteure du livre Il n'est jamais trop tard pour aimer plusieurs hommes! (Éd. La Martinière et Pocket) affirme, dans une entrevue au magazine Doctissimo, que «Les sociétés occidentales prônent un seul modèle, celui de la monogamie, alors qu'aujourd'hui un couple sur trois divorce ou se sépare. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le modèle dominant ne convient pas à tout le monde. D'ailleurs, pourquoi serait-on plus heureux avec un seul partenaire dans sa vie, plutôt que plusieurs? On nous parle sans cesse de la biodiversité indispensable dans la nature, dans les ressources en énergie, de la capacité à changer de travail, et en amour, on voudrait imposer la monoculture, qui dessèche et appauvrit les sols comme les sentiments! La "biodiversité amoureuse", c'est quasiment écologique...»
Françoise Simpere et ces deux couples infidèles ont-ils raison? Devrions-nous revoir notre définition de l'amour et en exclure la fidélité? Robert Blondin dans Le bonheur possible nous donne peut-être une réponse à ces questions: «On n'appartient qu'à soi-même et c'est à soi-même qu'on doit la fidélité la plus importante.»
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